En découvrant mon emploi du temps surchargé, j’ai vite compris qu’il faudrait veiller à proposer des aménagements pertinents dès que cela
serait possible afin de libérer des jours en fin ou début de semaine pour découvrir ce pays à la géographie folle.
La première semaine, j'ai pu remettre le seul RDV de vendredi dernier au vendredi suivant soit le 16, ce qui m'a permis de prévoir une petite sortie à la Serena, où sont
parties travailler mes copines de route.
Jeudi dernier, le 8 mai alors que chacun d'entre vous avait sûrement organisé un deuxième long week end consécutif, je commençais ma première journée de travail. Je
développerai cet important aspect de mon voyage dans un prochain article…
Jeudi soir donc, je prenais le dernier de bus de minuit pour arriver à la Serena au petit matin, où j’étais accueillie à 6h30 par mes copines instits.
(En effet sur la carte la Serena paraît tout proche mais 6h à 7 h en bus la séparent de Santiago. Les déplacements vont réellement être d’autant plus limités que l’hiver arrivant, les cols enneigés vont être d’autant plus difficiles à franchir… ce sera le cas pour aller en Argentine, au sud mais aussi au nord)
Après avoir déjeuner ensemble, celles-ci sont parties travailler pendant que je découvrais le marché en flânant dans les rues de cette ville de bord de mer me rappelant un peu Essaouira au Maroc.
La première impression a bien sûr été le calme qui règne et qui fait tant défaut à Santiago, l’absence de pollution qui fait place à l’air marin et les petites maisons. Si les matins sont couverts les journées sont protégées par un micro climat. Ici, pas de buildings. Pourtant, les centres commerciaux du centre sont en tous points comparables à nos « nouvelles galeries » à ceci prés qu’ils cottoient les boutiques cheap du style baboo, gifi ou tout à 1€…
Les cireurs de chaussures, les personnes souffrants de graves malformations, imputations ou maladies ou extrême pauvreté sont moins nombreux, voir absents de cette ville balnéaire mais, pour nuancer et le tableau idyllique, à ma grande stupéfaction le guide mets les voyageuses seules en garde contre les faux taxis qui représentent, paraît il un réelle menace. .. Pour ma part, je n’ai pas eu de problème avec les taxis. La seule particularité est qu’ils n’ont pas de compteurs, facturent à vue de nez ; ce qui impliquent des différences de l un à l’autre.
Par ailleurs, il existe ici, des collectivos. Ces taxis « dégriffés » affichent un circuit, tout comme les bus
Le midi, les filles m’ont retrouvé et nous avons mangé au marché. L’après midi de flâne s’est poursuivi, j’ai pu constater que les artisans sont moins
nombreux qu’à Santiago mais les gens sont tellement plus ouverts à l’échange que c’est un plaisir. Beaucoup de vendeurs sur le marché viennent de la vallée de l’Elqui pour vendre ce que la nature
offre pour moyen de subsistance : des noix diverses, du raisin etc..
Le moindre achat est l'occasion de longs échanges, ponctués de "qué bonitooooo!"
Vendredi soir, nous sommes restés à la pension et nous avons pris des renseignements sur la ville voisine où nous projetions d’aller à pied le lendemain.
Ces 8 km de plage pour arriver à Coquimbo ont été une vraie cure de soleil, d’embruns.
La faune locale : des mouettes toutes grises qui jouent avec les vagues et galopent plus qu’elles ne volent, les rendant presque attachantes.
ET bien sur les chiens… A notre départ de la Serena nous avons été adoptées par 2 toutous tout noirs, le premier (sorte de labrador) courant après les mouettes et l’autre tenant plus du teckel, affublé de pattes ridiculement courtes courant après le premier. Malheureusement pour nous, ces joyeux lurons ont été rejoints plus tard par un troisième de type berger, qui s’est mis à courir avec eux mais qui est devenu menaçant avec l’espèce de labrador dès que celui-ci osait s’approcher de nous. Leurs rixes régulières ont fini par envoyer Coralie au tapis ; Et après cette chute amortie par le sable, nous avons taché d’échapper à cette compagnie si exclusive.
Le moyen définitive et dont je me rappellerait longtemps a été une halte dans un restaurant à l’entrée de Coquimbo
.
La fraîcheur des fruits de mer qui composé le « jardin del mar » n’a d’égal que les pêches du Cap Ferret, à la différence qu’ici pas d’étriches ni d’araignées de mer mais la spécialité locale : le « ceviche » qui est une forme de carpaccio de fruits de mer, de St jacques exquises, de coquillages inconnus mais non mieux délicieux, des pattes de crabes… etc .Le tout servi avec un mélange citronné au coriandre et petits oignons et un petit blanc sec de la région de Valparaiso.
Un bonheur !
Notre arrivée tardive dans le centre ville nous amené sur la place du village où la fête des mères allait être célébrée en grande pompe. Véritable institution,
ici, un Michel Drucker local animait la soirée, en grande partie musicale, présentant des mères des plus méritantes. Les première tables étaient décorées, des cocktails servis , derrière le reste
de l’assemblée était installé sur des chaises adjacentes. Une mama nous a entendu parler français et nous a envoyer aux premières loges avec les invité(e)s (toutes les mères du village je
suppose). Le serveur qui nous a demandé nos invitations s’est un buffée des plus rares pour ne pas traiter nous autres, représentantes étrangères aussi dignement que celles pour qui la soirée
était organisées. Bien sûr, notre honte nous a ramené sur les chaises mais celui-ci n’a pas tenu longtemps avant de nous trouver une table…
La soirée, quoique fort kitch ne manquait pas d’intérêt. Il est édifiant de constater que la paix sociale est maintenue aussi par la célébration des mères afin marteler à toutes les générations le respect dû au deuxième sexe…
Après cette sauterie dans une ambiance familiale (avec un publi quasi exclusivement féminin, de tous âges) nous avons été à ma casa de le cultura y de los artes, pour profiter d un expo photo remarquable et assister à une présentation de « musica avanzada ». Nous avons entendu quelques DJ, présentant leurs œuvres électroniques dans une salle de musée, installés sur une sorte d’estrade.
Plus tard, nous avons fait le tour du quartier des artisans. Le respect que m’a inspiré les lieux m’a défendu de prendre des photos mais l’âme de l’endroit était vivant. Ce pueblo reconstitué avait tout de l’atmosphère d’un véritable village indien. Le tout dans une ambiance rock pas désagréable du tout.
Le barrio inglés a tenu ses promesses et nous a bien diverties mais les recommandations sur la prudence à garder dans cette ville, le défilé des camions de police blindés et grillagés et le désert qui régnait dans les bars nous a poussé à rentrer sans guère plus profiter des possibilités nocturnes de la ville.