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Couleurs politiques et points de vue chiliens sur Pinochet
La principale critique que j'ai entendu sur le gouvernement actuel de coalition de gauche est son caractère excessivement consensuel. Il en résulte une paralysie dans les faits. Les conservateurs
leur reprochent de ne pas être assez libéraux et les socialistes de pas prendre de mesures fermes.
Dans l'ensemble, il semblerait que la moitié de la population reste attachée à Pinochet et reconnaissant de ce qu il a fait pour le pays. Les gens expliquent qu il a modernisé l'économie
chilienne et fait du pays la grande puissante de l'Amérique du Sud qu’il est actuellement.
Rappelons aussi que les démocrates au pouvoir, malgré le consensus des partis de gauche n’ont pas remporté une victoire écrasante. Dans l’opposition, des partis très radicaux sont pro pinochétiste. Le jour de son enterrement, à la Monéda, il y avait autant de gens déchaînés à crier leur haine (et réprimés) qu’à la commanderie militaire pour se recueillir…
Un service public désorganisé et inefficace
Il faut dire que les mesures timides du gouvernement actuel (prudent car la population reste à attachée aux valeurs libérales), ne font rien pour réconcilier la population avec une idée de l'état. A titre d’exemple, je reviens aux transports : jusqu’à l’année dernière, des entreprises privées se livraient une concurrence sans merci dans les rues de la ville pour récupérer le maximum de clients. Le résultats, courses-poursuites de bus dans la ville, se doublant pour être les premiers aux points stratégiques (sorties de métro…). Le choix de ne pas s’arrêter et perdre du temps pour un « client » (et non pas « usager ») unique, ou pour des jeunes (payant un tarif réduits) représentant une clientèle de seconde classe. J’ai entendu des histoires d’accidents terribles dans les rues de la ville, des sorties de route de bus roulant à toute allure… etc
Depuis cette année, l’état a pris le contrôle du transport urbain. Pour cela il a fait appel aux anciennes compagnie privées en sous-traitant l’usage de leurs bus, a versé un salaire fixe aux chauffeurs (désormais leur paie ne dépend plus uniquement du nombre de passagers).
Résultat, une désorganisation totale, d’où les problèmes actuels d’engorgement.
Ce n’est pas compliqué, la plupart des chiliens avec qui j’ai parlé du transantiago m’ont expliqué que « c’était mieux avant, il y avait plus de bus. Ca allait plus vite. »
La désorganisation a un impact important car elle renforce le discrédit sur le gouvernement, sur la gauche en général et sur l’intervention de l’état dans le quotidien des chiliens.
A faire une révolution, autant la faire efficacement au risque d'affuter les armes des opposants…
Boycott des entreprises privées contre la nationalisation du transport
A côté de ça, en allant a El Monte, la semaine dernière, le chauffeur de l’ambassade m’a expliqué en me montrant un parking rempli de bus qu’il s’agissait d une compagnie privée, payée par l’état pour assurer une partie du transantiago (le système public de transport). Or cette compagnie, comme bien d’autres boycottent le transantiago puisque le manque à gagner pour eux est important. Ainsi, ils empochent les subventions mais ne circulent pas, afin que les actuels usagers se rendent compte à quel point ils étaient mieux lotis en temps que clients…
L’état prend des mesures mais n’instaure aucun contrôle
Autre dérive, les chauffeurs de bus, désintéressés ne se préoccupent pas de savoir qui compostent son billet ou pas. Il y a fort à parier sur une augmentation du tarif d’ici quelques temps…Ici, le contrôle n’existe pas. Les mesures prises ne peuvent jamais aboutir complètement et l’état se décrédibilise complètement aux yeux des actuels « usagers », qui en pâtissent et paieront la facture.
L’éternelle loi de l’offre et de la demande
Enfin et dernier point pour boucler la boucle : il est édifiant de constater qu’aux heures de pointes les transports coûtent beaucoup plus cher ! Comme quoi le prix du billet est inversement proportionnel à l’espace libre et au confort mais dépend … de le demande.
Petite anecdote sur le métro, qui me procure une nouvelle surprise à chaque nouvelle tentative.
Hier, pour me rendre au Grange, j’ai pris la ligne bleue qui desserre Principe de Gales, station proche du lycée, que j’avais empruntée la semaine dernière pour le retour (l’aller était en chauffeur). Quelle a été ma surprise de constater que ce métro ne desservait qu une station sur deux ! En effet, j’ai appris après qu aux heures de pointe, pour augmenter le débit de métros, ceux-ci ne desservent qu’ une partie de leurs arrêts, bien entendu Principe de Galés n’en faisait pas partie. J’ai donc eu la joie de me rajouter à une file de 5O mètres pour m’entasser dans le 3ième bus…
La Poste version Chili :
Ici le courrier se ramasse par terre. Pour aller plus vite, le facteur jette le courrier en passant devant les habitations. Il en résulte qu’il ne passe pas les jours de pluie…
Et une fois par mois, il vient porter la note à ses « clients » : chaque lettre est comptabilisée et facturée par le facteur.
Actualité sociale d’une gauche complexée...:
En ce moment, il y a des manifestations d'étudiants et d'enseignants qui protestent contre la nouvelle loi sur l'éducation. Ils demandent (encore) à ce que l'éducation coûtent moins chère et à ce que les dispositions de la dernière loi soient mises en œuvre. En effet, la loi plus juste et à les projets et programmes intéressants qui se trouvent dans la dernière loi, ne sont suivis dans les faits d’aucun retour, ni d’aucuns moyens. Ainsi un chef d’établissement collège public nous expliquait que la dernière loi imposait aux établissements de faire des ateliers l’après midi. Dans la pratique les mêmes enseignants font les mêmes choses car ils ne savent pas faire autre chose, n’ont pas de possibilité de formations, n’ont aucun moyen supplémentaires…
L’actuelle proposition de loi, qui au cœur des protestations, à force d’être remaniée pour satisfaire à une opposition très forte, ressemble en tous points à l’ancien système…
Si l’opposition est forte, le gouvernement reste une alliance de gauche. Geneviève a utilisé l’expression du « complexe » et je la trouve intéressante. Le complexe de la gauche vient des années de propagande, de la puissance des partis conservateurs, de l’ancrage libéral dans les esprits chiliens conditionnés par des décennies de dictature dont le modèle économique a placé le Chili en tête des pays de l’Amérique du sud.
Les routiers manifestent également contre le coût du pétrole…
Il y a dans la presse dernièrement un comparatif sur l’actualité sociale au Chili et en France : quelques thèmes en commun…
La France, son président, ses fromages...
Le français n’est pas dans le top des compétiteurs mondiaux. Ainsi l’école est un bon thermomètre. Il y a 5 ans, bcp d’écoles proposaient d’apprendre, il était parfois obligatoire. La chute a été spectaculaire sur ces 5 dernières années. Les établissements sont très rares à le proposer. Par contre le chinois est beaucoup plus répandu. En ce qui concerne les informations, on parle à peu près autant de la France qu’en France du Chili. Le président est connu comme Carla Bruni ! Mais il n y a pas vraiment de parti pris sur notre culture, notre société, notre gouvernement. Mon colocataire me disait que la France avait, ici, une image un peu vieillissante. Ce qui n’est pas très surprenant pour un pays aussi jeune et … dynamique !
Mais rares sont les occasions de répondre à des questions sur notre beau pays…
Pollution et mode de vie
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